Extrait d'un entretien avec Pierre Méneton
En 2002, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a recommandé de diminuer la consommation française moyenne de sel et d’informer les consommateurs. Or, que constate-t-on ? Le ministère de la Santé repose sa politique, en la matière, sur le volontariat et l’autodiscipline des secteurs agroalimentaires. Autant dire que cela ressemble à
une démission.
La surconsommation de sel, comme le reconnaît aussi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est
un des facteurs de risque de l’hypertension artérielle.
Une part des maladies cardio-vasculaires est attribuable à l’excès de sel. On estime, qu’en France, 35 000 personnes en meurent directement, c’est moins que le tabac et l’alcool, mais c’est plus que les accidents mortels de la route !
En fait, le cas du sel, appliqué au tabac, reviendrait à obliger les gens à fumer.
90 % des apports de sel proviennent des plats préparés, de la charcuterie, du fromage, du pain… Cela équivaudrait, au plan juridique, à exposer quelqu’un à un risque avéré à son insu. Pour s’y soustraire, il faudrait produire soi-même son pain, ses fromages etc.
Un individu ne devrait pas dépasser 5 g de sel par jour selon l’OMS. À elle seule, une baguette peut comporter 5 à 6 g de sel. L’intérêt de l’industrie est évident : le sel réhausse le goût, il alourdit certaines denrées et augmente donc leur prix, il pousse les gens à boire... Malheureusement, le sel n’est qu’un exemple des produits nocifs auxquels le public est exposé sans qu’on lui demande son avis : excès de sucres, pesticides... que les lanceurs d’alerte dénoncent au prix de poursuites et d’intimidations, en attendant une loi.
entretien réalisé par Pierre LUTON, publié sur le site de la
FNATH